• Discours de Martine Ouellet au lancement de sa campagne à la chefferie du Parti Québécois

    Discours

    Bonjour,

    Merci à François Avard, à JiCi Lauzon et à Daniel Roy, directeur des Métallos. Merci pour votre appui.

    Merci à vous tous ici sur la scène de tous les horizons, du Parti Québécois, mais aussi d’Option nationale, de Québec solidaire, du Parti vert et des travailleurs.

    Bienvenue à Geneviève Marsan, directrice de l’organisation de Jean-François Lisée. Bienvenue dans notre équipe.

    Et surtout, surtout, merci à vous, dans la salle, d’être ici aujourd’hui. Votre présence si nombreuse démontre que la course est loin d’être terminée, elle ne fait que commencer!

    Nous allons inverser la tendance. Nous allons inverser la pyramide des forces pour redonner aux membres l’espace et la place qui leur appartient et construire des fondations solides basées sur notre action collective.

    Cette course sera déterminante pour l’avenir du Parti Québécois. Cette course sera aussi déterminante pour l’avenir du Québec.

    Nous avons tous la chance de participer à rebâtir, à reconstruire, à renouveler le Parti Québécois.

    Le Parti Québécois doit rassembler les souverainistes et les indépendantistes de tous les horizons et non pas diviser encore plus. Le Parti Québécois doit se recentrer sur l’indépendance et la social-démocratie et non plus tenir des discours flous et vagues.

    Le Parti Québécois doit redevenir le grand parti politique de l’émancipation du peuple québécois et je vous propose qu’on travaille ensemble pour y arriver.

    Ça fait 28 ans que je suis au Parti Québécois, oui je sais, ça paraît long, vous pouvez faire le calcul, j’ai 45 ans, donc j’ai commencé à 17 ans, pendant mon cégep. À l’époque, c’était la fin de l’ère Jonhson et de l’affirmation nationale et l’arrivée de M. Parizeau et de l’indépendance. Certains dans la salle ici s’en rappelleront. Le parti en terme de membership, d’organisation et d’orientation était un peu comme aujourd’hui. Il y avait beaucoup de travail à faire. J’ai donc eu l’opportunité de participer à cette reconstruction avec M. Parizeau et toute son équipe. Il a reconstruit le parti, travaillé sans relâche, préparé l’indépendance et nous a mené vers notre destinée. Je peux vous dire que ce 30 octobre 1995, j’y ai cru, j’y ai cru pendant une demi-heure, la plus belle demi-heure de ma carrière politique. Pendant une demi-heure, je me disais que tout était possible, que le Québec allait enfin s’affirmer haut et fort. Vous connaissez la suite. Avec le scandale des commandites, nous savons maintenant que le fédéral et les fédéralistes n’ont pas respecté les règles du jeu. Ils ont triché. C’est indigne et nous ne nous laisserons pas abattre.

    Mais tout ça pour vous dire que dans une période de six ans, M. Parizeau nous a amenés à la… presque victoire. Nous avons sept ans devant nous, trois ans avant la prochaine élection pour se préparer, se documenter, faire des recherches, apporter des réponses et aller à la rencontre de tous les Québécois et Québécoises dans toutes les régions. Et nous avons quatre ans dans le prochain mandat pour réaliser l’indépendance.

    Je vous propose de sortir d’une sorte, je dirais, d’attentisme sur la question nationale des 20 dernières années et de nous mettre en action dès maintenant.

    Je vous propose de sortir des discours flous et ambigus d’un jour peut-être, mais pas tout de suite.

    Ou bien encore, d’un discours qui dit oui, l’indépendance… mais je ne vous dirai pas comment ni quand, c’est un secret de stratégie…

    Ou bien encore, d’ajouter des conditions, des obstacles sur le parcours, que ce soit un processus de signatures ou un “quand les Québécois seront prêts” avec une deuxième campagne électorale. En fait, l’appui à l’indépendance s’est maintenu depuis 1995 à des niveaux souvent plus élevés que l’appui au Parti Québécois. Et ce, même sans promotion active. Il y a là une leçon à prendre. Moi je peux vous dire que lors de la dernière campagne électorale, ma majorité a fondu, pas par un transfert de vote à la CAQ ou à QS, mais parce que nos sympathisants sont restés chez eux. Pour moi, le message est clair.

    Je vous propose donc une démarche affirmée, décomplexée, claire, transparente, ouverte, sans détour pour réaliser l’indépendance du Québec.

    Je suis allée en Écosse lors de leur campagne référendaire en septembre 2014. L’appui à l’indépendance de l’Écosse a augmenté de 15 points de pourcentage seulement dans l’année de campagne référendaire. C’est en se mettant en mouvement, en s’assumant, que nous ferons la différence.

    L’indépendance, ça ne s’improvise pas, ça se prépare.

    Par exemple, avec quoi les fédéralistes nous ont fait peur en 80? Les pensions. Avec quoi ils nous ont fait peur en 95? Encore les pensions.

    Imaginez, avec quoi les Britanniques ont fait peur aux Écossais en septembre : les pensions. Même pendant la dernière campagne électorale les libéraux ont fait peur aux aînés avec les pensions.

    La prochaine fois que nous consulterons la population, quel argument les fédéralistes utiliseront-ils? Encore la peur avec les pensions.

    Comment on combat la peur? Et bien, par de l’information et de la fierté. Ça fait 20 ans que nous savons que les pensions sont un enjeu. Comment se fait-il que nous n’ayons rien fait pour documenter ce dossier? Ce n’est pas compliqué. Il s’agit tout simplement de calculer quelle est notre part dans le fonds des pensions canadien. Notre part, pas en fonction de la proportion de notre population d’aujourd’hui, car cette proportion a déjà été pas mal plus élevée dans le passé, mais de calculer notre contribution année après année. C’est un travail un peu fastidieux, mais pas compliqué. Ensuite, nous utilisons les projections démographiques du Québec pour calculer le chèque de pension. Avec la volonté d’Ottawa d’augmenter l’âge de la pension à 67 ans, je suis convaincue qu’un Québec pays pourra offrir une meilleure pension qu’un Québec province!

    C’est la même chose pour l’assurance-emploi. Le fédéral est allé piger dans le pot à biscuits de l’assurance-emploi pour le fonds consolidé, ensuite, il nous dit qu’il manque d’argent et diminue les conditions d’accès. Ce sont nos travailleurs saisonniers, nos travailleurs atypiques qui ont payé pour la main dans le pot à biscuits. Moi je vous propose que le fonds d’assurance-emploi du Québec soit pour les travailleurs et les travailleuses et qu’il soit interdit au gouvernement d’aller piger dedans. Dans un Québec pays, nous pourrons rétablir les conditions d’assurance-emploi. Il est donc clair que dans un Québec pays nous aurons une meilleure assurance-emploi que dans un Québec province. Et c’est maintenant qu’il faut documenter et préparer le fond d’assurance-emploi du Québec pays.

    L’indépendance, ça ne s’improvise pas ça, se prépare.

    Ça se prépare dès maintenant avec la société civile et le Parti Québécois.

    Ça se prépare aussi au gouvernement.

    Dès le lendemain de l’élection du Parti Québécois en 2018, je propose la rédaction d’une constitution de transition basée sur les consensus larges de la société québécoise. Par exemple, on remplace la Charte des droits et libertés canadienne par la Charte des droits et libertés québécoise. Cette constitution de transition s’appliquera au lendemain d’un OUI des Québécois et des Québécoises. Il est important de gérer la transition d’un Québec province vers un Québec pays pour assurer une stabilité économique et sociale.

    Et ensuite, nous mettons en place une constituante, avec des représentants de la société civile qui feront le tour des régions du Québec pour préparer et proposer la première constitution officielle du Québec. Il est essentiel pour moi que cette première constitution officielle soit préparée par l’ensemble des Québécois, ceux qui auront dit OUI, mais aussi ceux qui auront dit NON. Des consultations devront être menées sur plusieurs questions, en particulier sur le régime politique. Est-ce que nous voulons un régime politique de type britannique ou de type présidentiel? Le type de scrutin, est-ce que nous voulons une proportionnelle, je crois que la réponse sera oui, mais encore quel type de scrutin proportionnel? Ce sera la responsabilité de la constituante de tenir ces consultations pour l’éclairer dans son travail.

    Aux États-Unis, il y a 200 ans, ça leur a pris presque 15 ans pour rédiger la constitution américaine. Ici au Québec, je crois qu’après un mandat de trois ans le Québec aura sa première constitution officielle.

    Vous ici, mais aussi vous dans toutes les régions du Québec, vous avez la chance historique de choisir la personne qui dirigera le seul parti politique capable de réaliser l’indépendance du Québec dans le prochain mandat.

    Collectivement, nous avons aussi la responsabilité de stopper le saccage libéralocaquiste. Le Parti libéral de Couillard a repris là où le Parti libéral de Charest a laissé, mais en pire. En pire, incroyable, mais vrai. Le gouvernement libéral est en train d’étouffer les familles, d’étouffer les régions, d’étouffer les PME. Avec leur politique d’austérité, ils sont en train d’instaurer un climat de peur et de pertes d’emplois. Même le Fonds Monétaire International affirme que l’austérité n’est pas la bonne approche. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, dénonce les politiques d’austérité.

    Les libéraux ne font que du saccage économique ; fermeture d’usines, fermeture de magasins, pertes d’emplois par dizaines de milliers. Ça serait vraiment le temps qu’ils perdent leur réputation surfaite de parti de l’économie. Ils sont le parti du saccage des acquis sociaux, par de la privatisation et de la centralisation abusive, par des coupures à l’aveugle et dogmatiques.

    Il y a deux semaines, au Forum économique mondial, à Davos, la co-présidente, qui est également la directrice générale d’Oxfam a annoncé les deux priorités mondiales : réduire les inégalités et les changements climatiques.

    Ces deux priorités rejoignent les Québécois et les Québécoises, mais clairement pas le Parti libéral ou sa source d’inspiration la CAQ.

    Ces deux priorités rejoignent les Québécoises et les Québécois, mais clairement pas le gouvernement fédéral canadien.

    C’est peu connu, mais j’ai fait toute ma carrière professionnelle en développement économique. Je suis ingénieure mécanique de formation et je possède également un MBA, maîtrise en administration des affaires. Avant d’être élue députée en 2010, j’ai travaillé près de 20 ans chez Hydro-Québec, principalement comme gestionnaire auprès des plus grandes usines du Québec. Que ce soit le secteur manufacturier avec des entreprises comme IBM, les brasseries, le secteur de la production alimentaire, le verre, le secteur minier, métallurgique, les fonderies, le secteur des pâtes et papiers. Les 300 plus grands clients d’Hydro-Québec dans toutes les régions du Québec. J’étais sur le terrain dans les usines pour des projets d’efficacité énergétique, de recherche et développement pour introduire de nouvelles technologies. J’ai eu à négocier de gros contrats, parmi les plus gros d’Hydro-Québec, plusieurs milliards sur plusieurs années. Ça prend une bonne connaissance des marchés québécois et aussi des marchés mondiaux. De l’expérience en négociation de contrats majeurs, ça va nous être utile lorsqu’on va négocier avec Ottawa au lendemain d’un OUI gagnant.

    Avec ma  grande connaissance des secteurs économiques, je propose une nouvelle vision pour l’économie du Québec, un développement économique intelligent.

    C’est quoi un développement économique intelligent?

    Un développement économique intelligent, c’est opter pour l’électrification des transports et contrer le projet Énergie Est d’exportation du pétrole des sables bitumineux.

    Nous avons au Québec une électricité verte à 99 %. Nous sommes des leaders sur la planète.

    Nous avons au Québec une expertise en électrification des transports exceptionnelle. Nous avons parmi les meilleurs chercheurs au monde, nous avons des entreprises émergentes de fabrication de composantes électriques :

    • TM4 à Boucherville, meilleur moteur électrique au monde,
    • Bathium à Boucherville,
    • Phostec à Candiac,
    • AddÉnegie et Gentec à Québec et à Shawinigan.

    Entreprises de véhicules de transports :

    • Bombardier avec ses wagons,
    • Paccar avec ses camions,
    • Autobus Lyon avec son autobus scolaire,
    • Novabus pour les autobus municipaux.

    Même des entreprises émergentes pour les motos et des bateaux électriques.

    Je suis allée en mission à Oslo en Norvège cet automne, car ils sont le pays actuellement le plus avancé en électrification des transports. J’ai rencontré différents groupes techniques, gouvernementaux, de consommateurs et tous sont unanimes, le succès est dû à une volonté gouvernementale forte.

    L’électrification des transports nous permet de développer des emplois à haute valeur ajoutée, de développer un créneau porteur pour l’exportation, et aussi de réduire nos GES. Le transport au Québec est responsable de plus de 40 % des GES. Donc, au Québec, nous pouvons passer du pétrole à l’électricité verte en électrifiant nos transports. Ça, c’est du développement économique intelligent.

    En m’inspirant de la Norvège, je propose

    • d’électrifier 200 000 voitures d’ici 2022 et 1 million de voitures en 2030;
    • d’électrifier tous les autobus scolaires et tous les autobus municipaux pour 2030.

    Aussi, mettre en place une loi Zéro Émission comme dans plusieurs États américains pour favoriser la disponibilité de voitures branchables chez les concessionnaires québécois.

    Un développement économique intelligent, c’est d’investir en efficacité énergétique pour diminuer notre consommation de pétrole tant pour les usines, les commerces, les institutions que les résidences. Le pétrole représente près de la moitié du déficit de notre balance commerciale. Comme Ministre des Ressources naturelles, j’ai revu l’ensemble des programmes d’efficacité énergétique du gouvernement pour plus d’efficacité. J’ai annoncé du jamais vu pour diminuer notre consommation de pétrole : 600 millions d’investissements en efficacité énergétique qui vont générer 600 millions d’investissements privés, un total 1,2 milliard!

    En plus de diminuer notre consommation de pétrole, les projets d’efficacité énergétique servent de déclencheur pour moderniser des équipements, des procédés et ainsi rendre plus concurrentielles les entreprises du Québec, ce qui permet de pérenniser et de créer des emplois partout au Québec.

    Un développement économique intelligent, ce n’est pas le projet d’exportation des sables bitumineux d’Énergie Est, ce n’est pas de l’exportation des sables bitumineux par train ou par bateau. Ces projets d’oléoduc, de trains ou de bateaux qui traverseraient tout le Québec pour exporter le pétrole des sables bitumineux sont insensés. Le fédéral, avec la complicité du gouvernement libéral, veut transformer notre fleuve Saint-Laurent et ses rives en autoroute de l’exportation des sables bitumineux. C’est non, c’est simple. Le fleuve Saint-Laurent est un joyau du Québec. C’est la source d’eau potable de millions de Québécois et de Québécoises. Malheureusement des accidents, il y en a. Un déversement de pétrole lourd des sables bitumineux, c’est très difficile à nettoyer. Selon les études, seulement 15 % serait récupérable. Cela fait donc 85 % qui resterait dans notre fleuve. Imaginez l’impact sur l’eau potable, la faune, la flore… C’est non, c’est simple.

    Mais nous avons un petit problème, en fait un gros problème : la constitution canadienne, car ces projets sont de juridiction fédérale. C’est le Canada qui va décider pour le Québec à travers l’Office national de l’énergie d’Ottawa. Est-ce qu’on va se laisser faire?

    C’est sûr que non, mais le Québec province est pris dans un carcan. Comme Québec pays, nous aurons toute la marge de manœuvre de dire non merci, nous aurons toute la marge de manœuvre de dire : avec le fleuve Saint-Laurent, le Québec ne deviendra pas l’autoroute de l’exportation des sables bitumineux.

    Et nous ne serions pas les seuls. Jusqu’à présent, les États-Unis disent non. Le président des États-Unis, Barack Obama a même indiqué qu’il pourrait utiliser son droit de véto pour bloquer le projet Keystone.

    Le développement économique intelligent, c’est augmenter la transformation, au Québec, de nos ressources naturelles. Comme Ministre des Ressources naturelles, j’ai mis en place la Charte du bois pour augmenter l’utilisation du bois dans la construction au Québec. C’est assez surprenant, le Québec est un pays de forêts, mais nous construisons très peu en bois. Pourtant nos entreprises ont développé des produits de bois d’ingénierie exceptionnels. Il faut favoriser leur utilisation.

    Le développement économique, c’est aussi transformer plus de minerais au Québec. Avec la nouvelle loi sur les mines que j’ai pilotée et qui a été adoptée à l’unanimité, j’ai inséré des articles permettant au ministre d’exiger de la transformation au Québec, comme cela se fait dans les autres provinces et les autres pays.

    Le développement économique intelligent, c’est investir dans notre main-d’œuvre en augmentant le financement pour les écoles professionnelles et pour le postsecondaire. La Confédération des  associations d’étudiantes et d’étudiants de l’Université Laval a fait une proposition intéressante, que j’appuie, qui est d’ajuster la cotisation au Fonds des services de santé des entreprises pour ajouter un volet éducation postsecondaire. Le Québec est reconnu pour la qualité de sa main-d’œuvre. Avec toutes les nouvelles technologies, il faut se tenir à la fine pointe et c’est notre système d’éducation qui en est le fer de lance.

    Parlons-en de notre système d’éducation.

    Notre système d’éducation est tenu à bout de bras par les enseignantes et les enseignants. Pour moi, il est important de valoriser l’impact déterminant que les enseignants ont auprès de nos enfants. J’appuie donc en ce sens une proposition de la FEUQ, la Fédération étudiante universitaire du Québec, de rémunérer le 4e stage en enseignement où l’étudiant prend en charge une classe complète pour près de trois mois.

    À la politique d’austérité et au saccage du gouvernement libéral, je réponds par une politique de support aux familles, de support à la classe moyenne, de support aux régions.

    La classe moyenne est le moteur du développement économique du Québec. Il faut appuyer nos familles.

    Je propose d’offrir le matériel scolaire gratuit pour le primaire et le secondaire. C’est  une économie de 350 $ pour une famille de deux enfants, à la rentrée scolaire. Ça permet de donner une chance égale à tous les enfants.

    Je propose également de faciliter l’accès à la propriété pour l’achat de la première résidence via un congé de taxe de bienvenue. C’est jusqu’à  2 500 $ en économie.

    Prendre le parti des familles, c’est favoriser la consommation locale, les commerces de proximité, bref l’économie québécoise.

    Pour une économie forte, nous avons également besoin de régions fortes. Alors que les régions sont abandonnées par le Parti libéral avec des coupures tous azimuts et une centralisation abusive, que les régions sont abandonnées par le fédéral avec des coupes à Radio-Canada, je propose une autre voie. Donnons du pouvoir aux régions.

    Premièrement, l’information. L’information est le quatrième pouvoir alors donnons le pouvoir aux régions par l’information. Les médias privés et Radio-Canada se désengagent des régions; or, il est vital pour les régions d’avoir accès à une information de qualité et d’avoir accès à la diffusion partout au Québec de leurs réalisations et de leur potentiel. Je propose donc de créer des bureaux régionaux d’information. De mettre en place un bulletin quotidien d’information à Télé-Québec et d’instaurer TQI, Télé-Québec Information, un réseau panquébécois d’information régionale en continu ouvert sur le monde.

    Pour les régions, je propose également de créer des fonds régionaux de diversification économique gérés par des représentants de la région qui connaissent bien le milieu, en collaboration avec Investissement Québec et alimentés, entre autres, par une partie des redevances sur les ressources naturelles. Qui de mieux placé que les gens sur le terrain pour savoir, connaître, faire émerger des projets porteurs à saveur locale?

    Pour arriver à faire ces investissements structurants tout en préservant l’équilibre budgétaire, je propose de dégager de nouvelles marges de manœuvre financières, non pas par des coupes à l’aveugle, mais en misant sur de nouveaux revenus pour préserver les services publics sans alourdir le fardeau des familles. En Amérique du Nord, le Québec se démarque par son faible niveau d’inégalité et par son accès aux services publics. C’est une formule gagnante qu’il est important de préserver.

    Je propose donc de nouveaux revenus en réintroduisant la taxe sur le capital des banques. En 2013, les banques canadiennes ont engrangé plus de 30 milliards de profit. Il y a de la place.

    Je propose donc de nouveaux revenus en réintroduisant un impôt sur le capital en dormance dans les entreprises. Depuis les années 2000, l’argent conservé en liquidité par les entreprises du Canada est passé de 200 milliards à plus de 600 milliards. C’est de l’argent mort. Et ça, ce n’est pas juste moi qui le dis, mais aussi l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, M. Marc Carney. Il faut donc inciter les investissements structurants qui font rouler l’économie et non pas de l’argent qui dort.

    Je propose également un impôt minimum pour les très hauts revenus inspiré de la proposition du milliardaire Warren Buffet aux États-Unis, qui s’étonnait de payer moins d’impôts que sa secrétaire.

    Mais la meilleure mesure pour redresser nos finances publiques, vous la connaissez, c’est l’indépendance.

    Nous envoyons chaque année, 45 milliards à Ottawa par nos taxes et nos impôts. 45 milliards c’est beaucoup d’argent. Et qu’est-ce qu’ils font avec notre agent? Peu d’investissements au Québec.

    Le Canada a investi 33 milliards, oui, 33 milliards dans des navires de guerre. En grande partie à Halifax, mais aussi à Vancouver. Combien pour le Québec? Combien au chantier maritime de Lévis? Zéro dollar, rien pantoute.

    En fonction de sa contribution au Canada, le Québec aurait dû recevoir un minimum de six milliards. Imaginez six milliards au chantier maritime de Lévis en terme d’emplois structurants. Si le Québec était un pays au lieu d’une simple province, nous pourrions aussi décider d’investir dans des navires de paix. Que le Canada et les fédéralistes arrêtent de me parler de péréquation. Si nous avions les investissements structurants ici, au Québec, nous n’aurions pas besoin de péréquation.

    C’est la même chose avec l’industrie de l’automobile ontarienne. Le fédéral a investi 10 milliards, en partie de notre argent, lors de la crise de l’automobile en Ontario. Combien pour le Québec lors de la crise forestière? Quelques centaines de millions, des peanuts en comparaison.

    Et là, je ne vous ai pas encore parlé de la ligne électrique sous-fluviale de Terre-Neuve où le Canada investi des milliards, en partie de notre argent, pour venir concurrencer l’électricité du Québec dans le marché du nord-est américain alors que le fédéral n’a pas investi un sous dans l’hydroélectricité du Québec. On appelle ça de la concurrence déloyale. Et tous les partis politiques à Ottawa, Parti conservateur, Parti libéral, NPD, ont tous applaudi la mesure, sauf un évidemment, le Bloc Québécois.

    On va accepter ça encore pendant combien de temps?

    Il est temps également de voter toutes nos lois. Nous n’avons clairement pas la même vision. Le Canada veut envoyer nos jeunes contrevenants en prison. Et en passant, nous faire payer pour la construction des nouvelles prisons. Nous avons ici, au Québec, une politique de prévention et de réhabilitation reconnue sur la planète. Nous croyons qu’il est préférable de réintégrer les jeunes dans la société plutôt que de les envoyer à la meilleure école du crime qui soit; la prison. Et bien non,  c’est le fédéral qui décide!

    Le registre des armes à feu. Nous avons payé trop cher ce registre, au-delà du milliard. Le Canada décide qu’il n’en veut plus. Mauvaise idée, mais à la limite, nous, ici, nous voulons garder le registre avec les données québécoises. Imaginez quoi, le fédéral a le front de nous dire non! Vous savez comme moi d’où vient le registre. C’est suite à la tragédie de Polytechnique qu’il y a eu une mobilisation citoyenne appuyée par tous les partis politiques du Québec pour le registre des armes à feu. Et là, le fédéral nous dit non! Il faut même le poursuivre en cours pour avoir accès à nos données que nous avons payées.

    Nous allons endurer ça encore pendant combien de temps?

    Il est plus que temps que le Québec signe ses propres accords et ses propres traités internationaux.

    À la fin 2015, à Paris, se tiendra la 21e conférence sur les changements climatiques. Une conférence cruciale pour la signature d’un accord post-Kyoto. Imaginez qui va aller représenter le Québec. Le Canada… Le pays qui a remporté des prix fossiles année après année pour avoir renié sa signature de Kyoto, qui a été le plus proactif pour saboter les accords post-Kyoto, en fait c’est le pays le plus anti-accord de la planète qui va aller nous représenter, nous, le Québec, un leader en énergie verte, en électrification des transports!

    Non, mais ça va pas… Les accords post-Kyoto, ce n’est pas seulement un accord environnemental, c’est aussi un accord économique et le Québec est absent des forums de discussion.

    Et que dire de l’Accord Canada-Europe. Le Canada a décidé de protéger le bœuf de l’Ouest au détriment des fromages du Québec. Si le Québec avait négocié son propre accord, il aurait pu protéger ses fromages et ses agriculteurs.

    Avec le contexte de mondialisation, il est urgent que le Québec devienne un pays, car pour avoir voix dans les forums internationaux, il faut être un pays.

    Nous n’avons plus de temps à perdre. Rester une province du Canada, ce n’est pas de l’immobilisme, c’est du recul, décision après décision. Et il est maintenant très clair depuis l’élection fédérale de 2011 que le Canada peut se faire élire sans le Québec. Ça, c’est très lourd de conséquences négatives pour le Québec.

    Nous n’avons plus de temps à perdre.

    Je vous propose donc de commencer dès maintenant à nous préparer pour l’indépendance.

    Imaginez un Québec indépendant. Nous serions le 194e état à l’ONU, l’Organisation des Nations Unies.

    Le territoire du Québec est immense et magnifique, avec notre Saint-Laurent, majestueux qui le traverse, nos lacs et nos rivières qui foisonnent. Notre territoire c’est quatre fois celui de la Suède et cinq fois celui de l’Allemagne.

    La population du Québec, c’est Montréal, Québec, Tadoussac, Kuujjuaq, Rouyn, Sherbrooke, Matane, Mistissini, Gatineau, Chibougamau, Baie-Comeau, Gaspé, Saguenay, Joliette, …, Alouette, c’est 8,2 millions d’habitants, c’est plus que la Norvège, plus que le Danemark, c’est comme l’Autriche ou la Suisse.

    Plusieurs nous disent que le Québec indépendant ne serait pas viable économiquement… J’ai des petites nouvelles pour eux.

    Au niveau du PIB par habitant, produit intérieur brut, nous serions le 27e pays de la planète. 27e. Entre la Grande-Bretagne, 26e et la Nouvelle-Zélande, 28e. Est-ce qu’il y a quelqu’un sur la planète qui remet en doute la capacité économique de la Grande-Bretagne d’être un pays indépendant? Personne. Il est très clair qu’un Québec indépendant serait fort économiquement.

    Et à quel rang serait un Québec indépendant pour un indice composite, économie et qualité de vie, indice du mieux vivre ensemble. Car au Québec, on s’est donné un tissu social riche. Et bien, nous serions numéro un, numéro un des pays de l’OCDE, devant la Norvège et la Suède. Wow. Ça, c’est nous!

    Nous avons obtenu ces résultats avec la moitié d’un État. Imaginez ce que nous allons faire avec un État complet.

    Imaginez ne plus être limité par un statut de simple province, mais bien pouvoir se déployer comme pays.

    Imaginez comment un Québec pays pourra contribuer à la planète et changer la géopolitique mondiale. Enfin un pays en Amérique du Nord, progressiste, avec un niveau de qualité de vie comparable aux pays scandinaves et qui appuie sans réserve les accords post-Kyoto sur les changements climatiques. Nous avons une contribution originale à apporter à la planète, nous avons une expertise à partager. Mais pour ça, il faut réaliser l’indépendance du Québec.

    Il faut transformer le rêve en réalité.

    Transformons le rêve en réalité.

    Et ça commence ici et maintenant!

    Ça commence ici et maintenant avec vous, mais aussi avec vous partout au Québec.

    La course à la chefferie du Parti Québécois est un moment historique pour choisir l’avenir du Québec. Choisir un Québec vert, équitable et indépendant.

    La course à la chefferie du Parti Québécois est un moment historique pour augmenter la cadence de notre marche vers l’indépendance. Pour choisir une démarche transparente, claire et étoffée.

    Mon élection à la tête du Parti Québécois va concorder avec le déclenchement d’un travail de documentation pour répondre aux interrogations des Québécois et des Québécoises, à un travail de mobilisation de l’ensemble de la société.

    Et ce travail ne peut être l’œuvre d’un seul individu, c’est un travail de toutes les forces vives de l’ensemble du mouvement souverainiste-indépendantiste.

    J’ai besoin de vous pour que nous bâtissions ensemble ce nouveau Parti Québécois.

    Le Québec a besoin de vous, car il n’y a que le Nouveau Parti Québécois qui peut bloquer le saccage libéral à la prochaine élection et redorer, moderniser le modèle québécois, pilier de notre exceptionnelle qualité de vie.

    Le Québec a besoin de vous et le Québec a besoin d’un Nouveau Parti Québécois qui travaille en collaboration avec l’ensemble du mouvement souverainiste-indépendantiste pour devenir le 194e État à l’ONU.

    Est-ce que vous répondez oui à l’appel du Québec?

    Et je vous le dis vrai comme je suis ici devant vous :

    ensemble on va mettre au monde notre pays le Québec.

    Merci!

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